Le Kaba cherche, compare et sélectionne pour vous les meilleures alternatives éco-responsables à tous les gestes du quotidien.

Avocat : bon dans l'assiette, mauvais pour la planète ?

Caroline Vivant
Publié le 31 Juillet 2020
Les décryptages
Partager :

En burger, en toast ou même en masque pour le visage, l’avocat est le nouvel indispensable du « healthy way of life ». Mais derrière cet engouement, la controverse. Production délocalisée, main d’œuvre maltraitée, assèchement et pollution des nappes phréatiques, les conséquences sont lourdes… Faudrait-il modifier nos modes de consommation et apprendre à nous passer de l’or vert ? Où y-a-t-il un moyen éco-responsable d’en produire et d’en consommer ?

avocat coupé

L'avocat, nouveau caviar ?

« Avocado Store », c’est le nom du principal site web allemand sur le mode de vie “écolo”. Depuis les années 1960, nos consciences éco-responsables s’éveillent et, avec elles, des mouvements comme le végétalisme ou le véganisme. Avec sa couleur verte et ses multiples déclinaisons, l’avocat en est vite devenu l’égérie. Pas un compte Instagram d’influenceur, pas un restaurant tendance ne fait l’impasse. En 2015, l’avocat était même l’aliment le plus populaire du réseau social Pinterest. Résultat ? La consommation en Europe a augmenté de 65% entre 2016 et 2018.
Cela s’explique : l’avocat a de nombreuses propriétés nutritives et gustatives. Sa chair onctueuse fond en bouche et son goût de noisette ravit les palais. Mais il s’agit surtout d’un “bon gras”. Les protéines animales (viandes, fromages, beurre) font augmenter le taux de cholestérol. L’avocat, lui, procure le même gras, dont le corps a besoin, mais avec des acides oléiques, qui augmentent le “bon cholestérol” (HDL). 
Cet engouement massif a néanmoins un prix, à commencer par celui de l’avocat en lui même : en 2016, le prix du kilo d’avocats est passé de 16 pesos à 80 en six mois. Or, au Mexique, pays d’origine de l’avocat et premier producteur mondial, le salaire minimum quotidien est de 80 pesos … Privés d’un aliment de base, devenu aliment de luxe, les Mexicains se sont exprimés sur les réseaux sociaux à travers le #carocomoelaguacate (“cher comme l’avocat”).  

meme avocat couteux

meme avocat couteux

1000 litres d'eau pour produire 2 avocats et demi

En France, la consommation d’avocats a augmenté de 8% en 2016. Mais, pas de secret, pour pourvoir nos assiettes, nos salles de bains et nos comptes Instagram, il a fallu augmenter drastiquement la production d’avocats dans le monde. Et cette nouvelle agriculture intensive est lourde de conséquences pour l’environnement...
D’abord, la déforestation. Multiplier les plantations d’avocats implique la destruction d’autres espaces verts. Au centre du Chili, dans la province de Petorca, 60% des plantations d’avocats ont été créées dans des zones qui n’étaient pas destinées à l’agriculture avant les années 1990. Mais ce n’est pas tout. L’avocat est un des fruits les plus gourmands en eau. Saviez-vous qu’il faut 1000 litres d’eau pour produire seulement deux avocats et demi ? Dans des régions où sécheresses et canicules sont monnaie courante, les conséquences sont désastreuses. Rodrigo Mundaca, fondateur d’une organisation d’accès à l’eau à Petorca, affirme notamment que les 3000 habitants de la province n’ont “même pas assez d’eau pour répondre à leurs besoins quotidiens”. Sans parler bien sûr des pesticides diffusés sur les plantations.

Une production délocalisée

carte production avocats

Peut-on cultiver des avocats en Europe ?

Une des solutions pour réduire l’empreinte écologique de notre consommation d’avocats serait déjà d’en produire localement. Mais est-ce vraiment possible ?
En plus d’être gourmande en eau, la culture de l’avocat requiert un climat tropical et des températures bien précises. Il est donc plus aisé d’en produire dans les pays du Sud, mais il existe également des plantations en Europe ! L’Espagne produit par exemple quelques 90 000 tonnes d’avocats par an. En Corse également, on trouve de petits producteurs bio, comme la coopérative Alimea. Située dans le Nord de l’île, elle propose même des variétés d’avocats violets, et ce durant 5 à 6 mois dans l’année. Mais que ce soit sur l’île de beauté, au Portugal ou en Espagne, ces récoltes restent anecdotiques … On produit en Europe 100 000 tonnes d’avocats par an, mais on en consomme 650 000 tonnes …

Remplacer l'avocat dans nos assiettes

Pour limiter notre impact écologique tout en gardant un mode de vie sain, voici les solutions qui s’offrent à nous : 

Réduire notre consommation d’avocats
Peut-être pourrions-nous rendre à ce fruit exotique son statut initial ? Il ne s’agit pas de bannir à jamais l’avocat de nos cuisines, mais déjà d’en consommer plus occasionnellement. Pourquoi pas, même, se réserver ce plaisir si on a la chance de se rendre dans un pays producteur pour consommer local ? En réduisant notre consommation, on réduit nos importations. On limite ainsi la pollution liées aux transports, mais aussi la pression sur les pays producteurs : les Mexicains pourront de nouveau déguster leur pomme de terre à eux !

Se tourner vers des productions européennes
Portugal, Espagne et Corse : voici les principaux pays producteurs d’avocats en Europe. Vous savez donc quelles provenances privilégier sur les étiquettes !

Acheter des avocats bio
Les cultures biologiques sont plus extensives, donc moins polluantes (car pas de pesticides), et plus économes en eau. 

Remplacer l’avocat dans nos assiettes
Certes, loin de nous l’idée de remettre en question les délicieuses saveurs de ce fruit. Mais il est possible d’en découvrir de nouvelles ! Pensez par exemple au guacamole d’asperges vertes, au caviar d’aubergine pour les apéros, ou à la betterave pour des poké bowls colorés.

(1) Image 2 : Sources : @diario24horas et @Milenio
(2) Image 3 : Traduction : "Echange cagette d'avocats contre Iphone 6 plus"
(3) Image 4 : Carte des pays producteurs d'avocats dans le monde. Source : Atlas Big
Partager cet article :
Vous aimerez peut-être