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Le véritable impact des vélos électriques

Caroline Vivant
Publié le 23 Septembre 2021
Modifié le 24 septembre 2021
Les décryptages

En 2019, près de 400 000 vélos à assistance électrique (VAE) ont été vendus en France, soit 25 fois plus qu’il y a 10 ans. Le vélo électrique est devenu la coqueluche des adeptes des mobilités douces.
Mais est-il aussi "vert" qu’il en a l’air ? Quel est son impact carbone par rapport à un vélo mécanique standard ? Et par rapport à la voiture ?
Paul Guth disait: "La bicyclette est l'une des rares inventions humaines qui ne servent qu'au bien". C'est que nous allons vérifier dans cet article !

l'impact carbone des vélos électriques

Photo by Tobias Cornille on Unsplash

Connaissez-vous une seule personne qui ne serait jamais montée sur un vélo ? Non ? Et bien, nous non plus. Près d’un Français sur deux (45%) se déclare comme un usager du vélo, 38% l’utilisant pour faire du sport ou se promener et 25% pour se déplacer au quotidien (sondage Odoxa, juin 2020).

Pratique et légère, la bonne vieille bicyclette est le mode de déplacement idéal pour effectuer des petits trajets sans trop se fatiguer... enfin presque ! Quand il s’agit de grimper des côtes ou d’avaler des dizaines de kilomètres, le vélo peut s’avérer épuisant. C'est pour cette raison que les ingénieurs américains ont développé, en 1890 (oui, vous lisez bien), les premiers vélos électriques !

Bien entendu, il s'agissait à l’époque de simples prototypes. Le marché des vélos électriques a réellement émergé depuis quelques années seulement. Le développement des batteries et l’essor des “mobilités douces” a entraîné une explosion des ventes depuis 2 ou 3 ans. Pour certains, notamment les urbains, le vélo électrique est devenu une véritable alternative bas-carbone à la voiture pour tous les déplacements domicile/travail.

invention velo électrique

Mais le vélo électrique est-il aussi "écolo" qu’on pourrait le croire ? Entre la fabrication, la batterie, le chargement,... quel est réellement son impact carbone par rapport à un vélo classique ? En partenariat avec Le Kaba, l’équipe de Traace, outil innovant de mesure et de pilotage de l’empreinte carbone, a enquêté.

Impact carbone d'un vélo électrique et d'un vélo mécanique : Les chiffres

Les émissions carbone des vélos sont relativement bien documentées, notamment grâce aux travaux de l'European Cyclists Federation 1 qui nous permettent de faire les calculs suivants2.

En prenant pour hypothèse qu’un vélo à une durée de vie de 8 ans et que le cycliste parcourt 6 à 7 km par jour avec, soit 2400 km par an, l'impact carbone sera celui-ci :

Pour un vélo mécanique standard :

  • Production et maintenance : 6g de CO2/km
  • Énergie liée à l'utilisation : 0g de CO2/km (le vélo mécanique est uniquement actionné par l'énergie du corps humain)
  • Total: 6g de CO2/km


Pour un vélo à assistance électrique :
  • Production et maintenance: 7g de CO2/km
  • Énergie liée à l'utilisation: 2g de CO2/km en France pour le chargement de la batterie (Bonne nouvelle : le mix électrique français est moins carboné que la moyenne européenne, d'où ce chiffre assez faible)
  • Total: 9g de CO2/km en France


Verdict : un vélo électrique émet 50% plus de CO2 qu'un vélo mécanique.

+50%, ça parait beaucoup non ? Et bien en réalité, c'est en-deçà de ce qu’on aurait pu attendre compte tenu des ressources nécessaires à la production des batteries (dont nous allons parler juste après !).
Et surtout, c’est très faible en comparaison des moyens de transport urbains les plus utilisés !
En effet, avec 9g de CO2/km, un vélo électrique émet environ 10 fois moins que le bus, et 30 fois moins que la voiture pour le même trajet (si l'on considère que le vélo à une durée de vie de 8 ans et que le cycliste parcourt 2400 km par an, ce qui correspond à une utilisation urbaine classique).

comparaison impact des moyens de transport

En clair, même s'il émet 50% de CO2 en plus qu'un vélo mécanique, le vélo électrique reste une alternative très pertinente aux moyens de transport urbain classiques.
Oui, mais l'impact environnemental global dans tout ça ? Quel est l'impact de la fabrication des batteries ? Et de leur fin de vie ?

Le vrai problème du vélo électrique, c’est la batterie

S'il est relativement performant sur le CO2, le véritable impact environnemental du vélo électrique se joue ailleurs... sur la fabrication et la fin de vie des batteries. Le problème avec les batteries tient surtout à l'extraction des minerais et au traitement des matériaux nécessaires à leur fabrication, qu’il s’agisse d’ailleurs de la batterie d’un vélo, d’une voiture électrique ou de celle de votre smartphone.

Une batterie est le plus souvent composée d'au moins 3 ou 4 métaux plus ou moins rares comme le cuivre, l'aluminium, mais aussi du cobalt, du manganèse et du lithium. Or l’extraction de ces matières a un lourd impact environnemental et sociétal. Rien que l'extraction du cuivre, par exemple, représente 65% de la consommation d'eau totale du Chili ! En République Démocratique du Congo, où sont situées 50% des réserves de cobalt, il n’est pas rare de voir des enfants travailler dans les mines, dans des conditions déplorables.
Construction des mines, pollution des sols, destruction de certains écosystèmes,... les conséquences environnementales sont importantes. Sans oublier l'utilisation de produits chimiques dangereux dans le procédé de fin de vie des batteries.

Nos conseils pour bien choisir son vélo

Vous connaissez désormais l’impact réel d’un vélo électrique par rapport à un vélo mécanique. À l’heure du choix sur votre prochain équipement, voici quelques questions qui pourraient vous aider à trancher.

Électrique ou mécanique ?
Nous l’avons vu, le vélo mécanique est légèrement moins impactant au global qu'un vélo électrique, du point vue carbone, mais aussi sociétal. Mais si vous avez de longs trajets à faire, vous pourriez vite vous décourager avec votre vélo classique... et retourner vers la solution de facilité : la voiture. Mauvais calcul ! Bref, en fonction de vos trajets et de votre forme physique, le vélo électrique est une option à considérer.

Vélo assemblé en France ou à l'étranger ?
Un vélo assemblé en France aura un impact carbone légèrement moindre qu'un vélo fabriqué à l'étranger car le mix carbone des usines est en moyenne moins élevé en France. S’ajoute également l’impact du transport pour rapatrier le vélo jusqu’à chez vous.

Vélo fabriqué en France ou à l'étranger ?
Il s'agit du paramètre le plus impactant. Si, en plus de l’assemblage, la fabrication même du vélo a été réalisée en France ou dans un autre pays d'Europe faiblement carboné, alors vous aurez un impact environnemental beaucoup plus faible. Vérifiez bien ce critère lorsque vous achetez votre vélo, car encore peu de vélos électriques sont 100% produits hors de l'Asie.

Quel type de batterie choisir ?
Aujourd’hui malheureusement, tous les vélos électriques commerciaux fonctionnent avec des batteries du même type. Il faudra attendre encore quelques années pour que la batterie devienne un vrai levier pour réduire son empreinte carbone.

velo mécanique

Analogicus de Pixabay 

Voilà ! Vous avez toutes les clés en main pour acheter votre prochain vélo de façon responsable :)
Pour vous aider à choisir, vous pouvez également consulter notre comparatif des vélos électriques sur lequel les lieux d’assemblage et de fabrication sont indiqués.
Et si vous préférez tester avant d’acheter, nous vous conseillons la location longue durée de vélos électriques.

Enfin, quelques mots sur Traace :
Traace développe une solution SaaS permettant aux entreprises de mesurer leur empreinte carbone et piloter leur stratégie de réduction d'émissions. Ils sont particulièrement présents au sein des ETI / Grandes entreprises, dont la structure organisationnelle complexe rend la comptabilité carbone lourde et chronophage. Leur interface collaborative permet également aux entreprises de responsabiliser leurs équipes opérationnelles et ainsi atteindre leurs objectifs ambitieux de réduction d'empreinte carbone.

logo Traace

(2) Les émissions liées à la "dépense calorique" du cycliste ne sont pas comptabilisées. En effet, l'étude de l'ECF inclut des émissions carbone liées à l'alimentation du cycliste pour compenser la dépense calorique liée au trajet. Nous avons estimé que l'incertitude de cette hypothèse était trop forte, car rien ne prouve qu'un cycliste adapte son régime alimentaire en du faible delta d’énergie qu’il dépense.
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