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Les régimes sans viande : quels avantages, quelles carences ?

Claire Pian
Claire Pian
Publié le
Modifié le 10 janvier 2022
Les décryptages

À l’heure où la consommation de protéines animales est de plus en plus controversée, les régimes non carnés se multiplient. Comment se distingue un·e végétarien·ne d’un·ne végétalien·ne ? Et peut-on prétendre à une santé de fer en réduisant, voire en supprimant sa consommation de viande ?

Une étude publiée en 2016 par les scientifiques d’Oxford Martin School révélait les effets dévastateurs de la consommation de viande sur le réchauffement climatique. Dans trois décennies, les émissions liées à l'agriculture et à la production alimentaire devraient représenter environ la moitié du “budget carbone” disponible dans le monde. Ainsi, si le monde entier passait à un mode de vie végétarien, cela réduirait les émissions gaz à effet de serre de 63 %.1. Un autre chiffre tout aussi accablant : en 2017 en Europe, 71 % des terres agricoles européennes étaient dédiées à l’alimentation animale, selon Greenpeace.

Mais cet argument n’est plus le seul à jouer en défaveur de l’alimentation omnivore. Aujourd’hui, on cesse aussi bien de manger de la viande pour faire des économies que par antispécisme, autant que pour réduire le risque de contracter des maladies cardiovasculaires et des cancers. Pour rappel, l'antispécisme est l’idée selon laquelle tous les animaux, humains compris, sont d’égale importance, que leur sensibilité et leurs souffrances doivent être prises en compte. 2

Quelle que soit la raison qui vous pousse à vous renseigner aujourd’hui sur ce sujet, Le Kaba vous propose un tour d’horizon des différents régimes alimentaires excluant plus ou moins les produits d'origine animale.

1. Le flexitarisme

C’est le Level 1. Être flexitarien·ne, c’est réduire sa consommation de viande et de poisson, sans pour autant y renoncer complètement. Ainsi, les flexitariens mangent de tout, mais ne consomment des protéines animales qu’1 à 2 fois par semaine maximum. On appelle aussi ce régime semi-végétarien ou méditéranéen.

Privilégiant les fruits et légumes frais, les fruits secs, oléagineux, légumineuses et céréales, cette alimentation est donc riche en fibres et en protéines végétales. C’est aussi un bon moyen de prévenir les maladies cardiovasculaires, l'obésité et le diabète liés à la consommation excessive de viande rouge3. N’excluant pas complètement les protéines animales, il permet aussi d’éviter de développer des carences en vitamine B12.

La popularité croissante du flexitarisme

En 2020, 24 % des Français se considèrent flexitariens selon une étude de FranceAgriMer avec Ifop. Cette même étude révèle que la majorité des flexitariens le deviennent car ils pensent que ce régime est meilleur pour leur santé. C’est le cas de Thomas, qui a préféré réduire sa consommation de viande après avoir consulté un médecin : “J’ai un terrain génétique favorable au diabète, mais il était trop difficile pour moi d’arrêter complètement la viande. J’ai réussi à trouver un équilibre qui me permet d’être plus serein tout en faisant plaisir de temps en temps”.

©Silviarita-Pixabay

2. Le pescétarisme

Hérité du latin pesce qui veut dire poisson, le régime pescétarien, ou pesco-végétarisme exclut la consommation de viande, privilégiant celle du poisson et des fruits de mer. Comme les Cathares au XIIIe siècle, les adeptes du pescétarisme compensent leur manque en protéines animales avec des grains entiers, des noix, des légumineuses, de produits et de graisses saines. Les fruits de mer représentent une source importante de protéines, de vitamine B12, de zinc et de sélénium, et le poisson est l’une des meilleures sources acides gras oméga-3.

Comme le flexitarisme, ce régime aurait l’avantage de réduire le risque de maladies cardiaques, d’obésité et de diabète. Une étude parue dans JAMA Internal Medicine indiquait même que le pesco-végétarisme serait le plus protecteur vis-à-vis du cancer colorectal4. S’il permet de ne pas soutenir l'élevage intensif de bétail et les pratiques d’abattage controversées, il “encourage” cependant la surpêche et les émissions de carburant des bateaux de pêche endommageant les écosystèmes marins.

Comment consommer du poisson de façon éco-responsable ?

©RitaE-Pixabay

Attention au mercure

La présence de mercure (une toxine environnementale) qui s’accumulent dans les muscles de nombreux poissons peut être très dangereuse lorsqu’elle est ingérée par l’homme. C’est pourquoi il est nécessaire de bien choisir son poisson, et d’éviter par exemple le thon rouge, le maquereau roi, l'espadon, ou le marlin, ou le taux de méthylmercure peut être très élevé.

3. Le végétarisme

Plus strict que les deux précédents, ce régime est davantage porté sur l’antispécisme. Un·e végétarien·ne est une personne choisissant d’exclure complètement les produits ayant nécessité la mort d’un animal. Pas de poisson, pas de viande, ni de fruits de mer ni d’abats. Ni de présure d’ailleurs. Cette enzyme extraite de l’estomac des jeunes ruminants (veaux, agneaux, chevreaux) est utilisée pour solidifier certains fromages.

Le végétarisme fait aujourd’hui débat au sein de la communauté scientifique. Certains médecins en faveur du végétarisme arguent que, s’il est composé d’une consommation équilibrée de fruits, légumes, grains entiers, œufs, produits laitiers, bonnes graisses et accompagné d’une activité physique régulière, ce régime serait bon pour la santé. D’autres y sont plus réfractaires, estimant que le corps humain nécessite un apport en protéines animales, en vitamines, minéraux et composés phytochimiques impossibles à compenser sans viande ni poisson.

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Un régime bon pour la digestion ? 

En plus de ses autres bienfaits, le régime végétarien aurait le pouvoir de faire diminuer les problèmes liés à la digestion. Yousra est végétarienne depuis 8 ans, et affirme : “J’ai toujours eu des problèmes de colon. Depuis que je suis végétarienne, ma digestion est bien meilleure”. Angélique, qui ne mange plus de viande depuis deux ans, se dit plus énergique : “Je mange beaucoup plus léger depuis que je suis végétarienne, ce qui évite les coups de barre l’après-midi”.

©Ella Olsson-Unsplash

4. Le végétalisme

C’est le dernier niveau des régimes alimentaires sans viande. Le végétalisme exclut tout produit provenant de l’animal, qu’il soit mort ou vivant. A la liste des restrictions évoquées plus haut, viennent alors s’ajouter les produits laitiers, les œufs, le miel, la gélatine … (obtenue par l'ébullition prolongée de peaux ou d'os d'animaux).

Ce régime est aussi le plus controversé. S’il peut permettre à ses adeptes d’aller au bout de leurs convictions écologiques et d’adopter une alimentation plus riche en fibres, moins grasse et salée, le végétalisme présente tout de même certains inconvénients. Un·ne végétalien·ne peut s’exposer à des carences en vitamine A, B12, et D3, en calcium, en zinc, en iode, ainsi qu’en oméga 3 et en fer. S’il est mal équilibré, ce régime peut aussi entraîner des anémies, ainsi qu’une faiblesse physique et mentale.

En outre, l’offre d’alternatives alimentaires étant encore réduite, plusieurs études démontrent que les végétalien·nes s’exposent à davantage de produits ultra-transformés. Consommer en excès ces galettes végétales, boissons végétales ou snacks salés industriels augmenterait le risque de maladies cardio-vasculaires, d’obésité et de nombreux cancers. 5

©Engin Akyurt-Pixabay

Le véganisme, un mode de vie à part entière ?

Par abus de langage, le terme vegan est utilisé pour englober un peu tous les régimes sans viande. En réalité, le véganisme va au-delà de l’alimentation. Une personne végane est une végétalien·nes qui exclut de son quotidien tout ce qui peut faire souffrir l’animal. Exit le cuir, la laine, les produits cosmétiques ou d’entretien testés sur les animaux, mais aussi les zoos et spectacles mettant en scène des animaux.

Comment réduire sa consommation en douceur ?

Dans un pays où la viande constitue une majorité de plats emblématiques, il peut s’avérer difficile de la supprimer de notre quotidien. Et pourtant, le nombre de végétariens et végétaliens ne fait que croître. Ces quelques conseils pourraient vous aider, si vous en avez l’envie, à passer le cap.

Se documenter : lire “No Steak” d’Aymerick Caron et “Lettre ouverte aux animaux” de Frédéric Lenoir pourra vous permettre de mieux comprendre l’impact de l’alimentation carnivore sur l’environnement.

S’entourer : discuter avec des végétalien·nes ou végétarien·nes devrait casser ce mythe du “Je n’y arriverai jamais, c’est impossible”. Les concerné·es auront eux-mêmes de précieux conseils à vous délivrer pour commencer.

Consulter un médecin : en complément d’une prise de sang, un·e professionnel de santé pourra attester que ce régime est en adéquation avec votre métabolisme.

Manger ce qu’on aime : notez sur un planning les jours où vous choisirez de manger de la viande. Les jours sans, prévoyez des plats gourmands et colorés, pour ne pas ressentir de privation.

Essayer la cuisine d’ailleurs : de nombreux plats emblématiques comme le dhal indien, la salade grecque, les falafels libanais ou encore la Pizza Margherita sont végétariens. Ouvrir son esprit culinaire à d’autres horizons devrait vous éviter l’ennui au moment où vous supprimerez complètement la viande et/ou le poisson.

Se préparer mentalement : changer son régime alimentaire demande beaucoup de courage et implique potentiellement des sacrifices. Les tentations seront fréquentes, les critiques aussi. C’est un mode de vie encore alternatif, qui fascine autant qu’il dérange. Tenez bon, vous en êtes capable.

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