Pourquoi vos céréales préférées sont-elles passées du A au C sur la vignette Nutriscore ? Comment interpréter cette notation et l'utiliser au quotidien ? Voici le guide complet pour décrypter vos étiquettes et consommer plus responsable.
©tara-clark Unsplash
L’arc-en-ciel nutritionnel est devenu, en moins d’une décennie, le compagnon inséparable de nos courses. Pourtant, depuis peu, vous avez peut-être remarqué un changement de couleur sur vos produits fétiches : un yaourt à boire autrefois "vert" qui vire au "jaune", ou une boîte de biscuits qui dégringole en catégorie E. Ce n'est pas une erreur d'impression, mais le résultat d'une réforme profonde de l'algorithme de calcul, annoncée en mars 2025 et désormais bien en place.
Alors que la transparence alimentaire est au cœur des préoccupations citoyennes, comprendre cet outil est essentiel pour ne plus se laisser piéger par le marketing et reprendre le contrôle de son assiette ! On vous explique tout.
Aux origines du logo : qui, quand et sur quels produits ?
Le Nutri-Score n’est pas une invention marketing ou un enième logo visant à verdir l'image des industriels, mais bien un véritable outil de santé publique validé par la science.
Un outil né de la recherche française
L'histoire commence en 2017. Le logo est le fruit des travaux de l’équipe du Professeur Serge Hercberg et de l’EREN (Équipe de Recherche en Épidémiologie Nutritionnelle). Validé par Santé publique France et soutenu par les autorités de santé européennes, il a été conçu pour traduire une liste d'ingrédients souvent illisible en un indicateur universel, allant du A (vert) au E (orange foncé).
Si le Nutri-Score a fait ses premiers pas sur le sol français, il a rapidement franchi les frontières pour devenir un standard de référence chez nos voisins. Dès 2018, la Belgique a emboîté le pas à la France, suivie de près par l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Suisse. Il existe même un comité de pilotage transnational pour garantir que le logo reste basé sur des preuves scientifiques indépendantes et ne cède pas au lobbying des industriels !
Où le trouve-t-on exactement ?
Aujourd'hui, le Nutri-Score s'affiche sur la quasi-totalité des rayons des supermarchés : plats cuisinés, céréales, boissons, produits laitiers et snacks. Toutefois, son application repose sur le volontariat des marques. Si la majorité des acteurs de la grande distribution l'ont adopté, certains géants de l'agroalimentaire traînent encore les pieds pour ne pas afficher de mauvaises notes sur leurs produits phares (et oui, évidemment ce sont les marques produisant des aliments ultra-transformés qui sont les moins partantes pour l'afficher…).
Les exceptions à la règle
Il est important de noter que le Nutri-Score ne concerne que les produits transformés. Vous ne le trouverez pas sur :
- Les fruits et légumes frais (naturellement sains).
- Les viandes et poissons bruts (non transformés).
- Les boissons alcoolisées (soumises à d'autres réglementations).
- Les produits dont la surface d'emballage est trop petite pour être lisible.
Un rôle de boussole dans la jungle des rayons
L’objectif premier du Nutri-Score est de rétablir une forme d’équité informationnelle. Face à des étiquettes souvent indéchiffrables pour le consommateur lambda — entre les tableaux de valeurs nutritionnelles et les arguments marketing trompeurs du type « riche en vitamines » ou « aux céréales complètes » — le Nutri-Score agit comme un décodeur. Il ne s'agit pas de classer les aliments en "bons" ou "mauvais" de manière binaire, mais de fournir une base de comparaison objective. En un coup d'œil, le consommateur peut ainsi distinguer, au sein d'une même catégorie de produits, lequel présente la meilleure composition globale. C'est aussi un levier de prévention de santé publique : en facilitant des choix plus sains au quotidien, il participe à la lutte contre les maladies chroniques telles que l'obésité, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires, qui sont en lien direct avec notre alimentation.
👉 Tout ce qu'il faut savoir sur les affichages alimentaires
Pourquoi le Nutri-Score a-t-il changé de visage ?
Vous l'avez peut-être remarqué, le Nutri-Score a évolué depuis l'an dernier. L'objectif ? Coller au plus près des nouvelles recommandations nutritionnelles et corriger certaines failles exploitées par les industriels.
©franki-chamaki-unsplash
Un algorithme plus sévère pour notre santé
La mise à jour majeure, dont les effets sont désormais la norme en 2026, a durci les critères de notation. L'objectif ? Différencier plus nettement les produits selon leur teneur en composants "à limiter". L'ancien algorithme était parfois jugé trop indulgent avec des produits très sucrés qui arrivaient à compenser leur mauvaise note par un apport en fibres ou en protéines. Ce n'est désormais plus possible.
Le nouveau mode de calcul pénalise désormais plus lourdement :
- Le sucre : Le seuil de tolérance a été abaissé, impactant directement les céréales et les produits laitiers sucrés.
- Le sel : Un point de vigilance accru pour les plats préparés et le pain.
- Les édulcorants : C'est une grande nouveauté. Les boissons "light" qui utilisent des substituts de sucre ne peuvent plus prétendre au "A" afin de ne pas encourager l'addiction au goût sucré.
Exemples de produits qui ont basculé
Les céréales du petit-déjeuner : La quasi-totalité des céréales chocolatées ou fourrées sont passées de B/C à D/E.
Les laits et boissons végétales : Le lait entier et les laits végétaux sucrés (riz, avoine) voient leur note se dégrader, tandis que l'eau reste la seule boisson classée A.
Les huiles : L'huile d'olive et de colza conservent leur "B" (très bon pour des matières grasses), mais les huiles riches en graisses saturées comme l'huile de palme restent bloquées au bas de l'échelle.
Guide pratique : Comment bien utiliser le Nutri-Score au quotidien ?
Il ne suffit pas de regarder la lettre pour bien consommer. Voici comment transformer ce logo en véritable allié lors de vos courses.
Comparer ce qui est comparable
Le premier réflexe à adopter est de comparer les produits au sein d'un même rayon. Il est inutile de comparer un paquet de jambon avec un yaourt. En revanche, si vous hésitez entre deux marques de lasagnes surgelées, le Nutri-Score est l'arbitre idéal pour désigner celle qui contient le moins d'additifs, de sel ou de graisses saturées.
Ne pas bannir le "E", mais l'équilibrer
Un produit classé D ou E n'est pas "interdit". C’est un signal qui vous indique que l'aliment est très énergétique, gras ou salé. La règle d'or pour un consommateur responsable est celle de la fréquence et de la portion. Vous pouvez tout à fait déguster un produit classé E occasionnellement pour le plaisir, à condition que votre alimentation quotidienne repose majoritairement sur des produits classés A ou B.
Les limites à connaître : au-delà de la nutrition
Attention, le Nutri-Score est une boussole nutritionnelle, pas un label de qualité absolue. Pour être un consommateur averti, gardez en tête qu'il ne prend pas en compte :
- Le degré d'ultra-transformation : Un produit peut être classé "A" mais contenir une dizaine d'additifs ou de colorants.
- L'origine géographique : Le score ne vous dit pas si votre produit a traversé la planète.
- Les pesticides : Il ne fait aucune distinction entre un fruit conventionnel et un fruit issu de l'agriculture biologique.
L’Eco-Score : le cousin "vert" du Nutri-Score
Pour compléter votre analyse, fiez-vous également à l'Eco-Score (ou score environnemental). Si le Nutri-Score s'occupe de votre santé, l'Eco-Score mesure l'impact du produit sur la planète. Basé sur la méthodologie Agribalyse de l'ADEME, il analyse le cycle de vie complet (production, transport, emballage). Un produit peut être excellent pour la santé (A) mais avoir une empreinte carbone désastreuse (E) s'il est cultivé sous serre chauffée ou transporté par avion. Pour une consommation vraiment responsable, cherchez le "double A" : nutritionnel et environnemental !
👉 Tout savoir sur l'Eco-Score
Le Nutri-Score 2026 est un outil vivant, qui s'affine pour mieux nous protéger contre les maladies métaboliques. S'il n'est pas parfait, son évolution récente prouve une volonté de transparence face à la complexité de l'offre industrielle. En l'utilisant intelligemment pour comparer les produits et en restant attentif à l'Eco-Score, vous reprenez le pouvoir sur votre caddie. Mais rappelez-vous que le produit le mieux noté restera toujours celui que vous cuisinez vous-même, à partir de produits bruts, locaux et de saison.
😋 Retrouvez toutes nos recettes de saison, faciles à préparer et bonnes pour vous et la planète





Aucun commentaire pour le moment.
Soyez le premier à commenter !
LAISSER UN COMMENTAIRE