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Peut-on être écolo et avoir une piscine ?

une femme aux cheveux longs
Caroline Vivant
Publié le
Les gestes verts

Avec la multiplication des vagues de chaleur, le marché des piscines privées explose en France. Mais face aux sécheresses à répétition, avoir un bassin est-il compatible avec l'écologie ? Remplissage, traitement de l'eau, chauffage : découvrez nos solutions pour réduire drastiquement l'empreinte de votre baignade.

©zhiqiang-wang

L’été s’installe et avec lui l'envie de fraîcheur quand les températures grimpent. Et quoi de mieux en période de canicule que de plonger dans une piscine ? Selon les chiffres officiels de la Fédération des Professionnels de la Piscine (FPP), la France est le premier marché d’Europe et le deuxième mondial avec plus de 3,4 millions de piscines privées (fixes et hors-sol). Le réchauffement climatique accélère nettement cette tendance, chaque été enregistrant de nouveaux records de vente.
Ce boom pose une question écologique cruciale. Alors que les nappes phréatiques sont sous pression et que les arrêtés de restriction d'eau se multiplient chaque été dans nos départements, posséder un bassin peut sembler en contradiction avec la sobriété nécessaire. Si, clairement, avoir une piscine n'est pas ce qu'il y a de plus écolo, on peut nettement réduire son impact environnemental en adoptant quelques réflexes-clés. 

Zéro gâchis : maîtriser l'arrosage et le remplissage de son bassin

Le premier impact d'une piscine est évidemment sa consommation d'eau. Pourtant, le plus grand coupable n'est pas le remplissage initial, mais l'évaporation quotidienne.

La bâche à bulles, l'accessoire indispensable contre l'évaporation

Par une chaude journée d'été, une piscine non couverte peut perdre jusqu'à 5 à 10 millimètres d'eau par jour, soit plusieurs centaines de litres pour un bassin familial. C'est l'action combinée du soleil et du vent qui crée ce phénomène.

La solution : Installer systématiquement une bâche à bulles ou un volet roulant dès que la baignade est terminée. En couvrant votre bassin, vous bloquez 90 % de l'évaporation. 

Le bonus thermique : En emprisonnant les calories transparentes du soleil la journée, la couverture empêche l'eau de se refroidir durant la nuit. Vous gagnez ainsi entre 3°C et 5°C de température de manière 100 % passive.

👉 Plus d'infos sur les économies d'eau

Hivernage et nettoyage : ne videz plus jamais votre piscine !

C'est une idée reçue tenace : il faudrait vider sa piscine chaque année pour repartir sur une eau propre. C'est un désastre écologique et financier. Une eau de piscine bien entretenue peut être conservée entre 5 et 10 ans sans aucun problème.

La méthode : À l'automne, optez pour un hivernage actif ou passif (en abaissant le niveau de seulement quelques centimètres sous les skimmers) et couvrez le bassin avec une bâche d'hivernage opaque pour empêcher la lumière de développer des algues. Au printemps, un bon coup de balai ou de robot nettoyeur suffira à lui redonner sa clarté. 
👉 Besoin d'un coup de propre sur le mobilier de jardin à l'approche de l'été ? Nos astuces pour un nettoyage naturel.

 

Traitement et chauffage : en finir avec les produits chimiques

Une fois l'eau préservée, il faut veiller à la garder saine sans pour autant transformer votre jardin en laboratoire chimique.

Les alternatives écologiques au chlore traditionnel

Le chlore classique est une source de pollution importante pour les sols environnants lors des lavages de filtres. De plus, il est agressif pour la peau et les yeux.
Voici 2 alternatives intéressantes : 

  • L'électrolyse au sel : C'est l'alternative la plus accessible. On ajoute du sel marin dans l'eau. L'électrolyseur transforme ce sel en un chlore naturel, ultra-efficace et sans odeur, qui se reconvertit en sel sous l'action des UV. C'est un cycle perpétuel et propre.
  • La piscine biologique ou étang de baignade : Le summum de l'écoresponsabilité. Ici, aucun produit chimique n'est utilisé. L'eau circule à travers un bassin de lagunage où des plantes épuratrices (pouzzolane, roseaux, iris) et des micro-organismes filtrent et nettoient l'eau naturellement. Le bassin devient un refuge pour la biodiversité locale.

©briana-tozour Unsplash

Optimiser la filtration

La clarté de l'eau dépend à 80 % de la qualité de la filtration mécanique et à seulement 20 % des produits de traitement. C'est ici que se joue votre facture d'électricité. Quelques options économes : 

  • Passer aux pompes à vitesse variable : La pompe de filtration traditionnelle est un moteur gourmand qui tourne à plein régime pendant 12 à 15 heures par jour en été. Elle représente souvent le premier poste de consommation électrique d'un foyer pendant la période estivale.
  • La physique de l'eau : Les lois de l'hydraulique démontrent qu'il vaut mieux filtrer l'eau plus longtemps à un débit lent plutôt que sur une courte période à un débit ultra-rapide. Une eau qui circule lentement à travers le filtre (à sable ou à cartouche) est beaucoup mieux nettoyée car les impuretés microscopiques ont le temps d'être captées par le média filtrant.

L'intérêt économique : En remplaçant votre ancienne pompe par une pompe à vitesse variable, vous réduisez la vitesse de circulation par deux. Résultat : la consommation électrique du moteur est divisée par huit ! L'investissement est amorti en moins de trois saisons.
👉 Tout savoir sur les pompes à chaleur

 

Les écogestes du baigneur : préserver l'écosystème du bassin

Devenir un propriétaire de piscine responsable passe aussi par l'éducation des utilisateurs. L'eau est un milieu vivant qui réagit à tout ce qui y pénètre.

La douche obligatoire : l'astuce anti-produits chimiques

L'essentiel de la pollution d'une piscine est apporté par les baigneurs eux-mêmes : sueur, cosmétiques, crème solaire, restes de gel douche ou résidus de lessive sur les maillots. Lorsque ces matières organiques entrent en contact avec les désinfectants, elles créent des chloramines, responsables de la fameuse odeur de chlore et des yeux rouges.

Le geste simple : Installer une douche solaire en bois ou en plastique recyclé près du bassin. Prendre une douche rapide à l'eau claire avant d'entrer dans l'eau élimine 80 % des polluants organiques de la peau. Votre système de filtration et vos produits de traitement seront d'autant moins sollicités.

Attention au choix de votre protection solaire

Comme nous l'évoquions dans notre enquête dédiée au choix d'une crème solaire respectueuse de la faune marine, les filtres chimiques (comme l'oxybenzone) interfèrent avec la clarté de l'eau et créent un film gras en surface qui encrasse la ligne de flottaison de votre bassin. Privilégiez des crèmes aux filtres minéraux certifiées bio ou l'usage de t-shirts anti-UV pour les enfants afin de préserver la transparence de l'eau naturellement.
👉 Notre comparatif des crèmes solaires éco-responsables.

 

Des solutions existent pour limiter l'impact environnemental de nos bassins d'agréments. Ensemble, adoptons-les pour pouvoir profiter de la fraîcheur sans abîmer davantage la planète…

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