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5 romans à (re)découvrir cet été pour se sensibiliser aux enjeux écologiques

Blandine Janin-Reynaud
Blandine Janin-Reynaud
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À n’en pas douter, la littérature est un outil puissant pour faire évoluer les mentalités et les sociétés. En matière d’écologie, elle s’est emparée du sujet depuis déjà bien longtemps au travers d’utopies, de dystopies ou simplement d’un autre regard sur la nature. Pour cet été, Le Kaba vous présente 5 romans écologiques à lire, relire et à offrir.

©Pexels-Pixabay

Si vous doutez que les écrivains et les romans puissent changer le monde, pensez à l’influence que Léon Tolstoï et Victor Hugo exercèrent sur leurs contemporains et qui perdure de nos jours. L’imaginaire et les récits façonnent la réalité. Pour faire face à l’urgence climatique, à la destruction d’écosystèmes et à l’effondrement de la biodiversité, nous devons donc construire de nouvelles utopies. Certains écrivains avaient compris, bien avant les autres, le péril que représentait l’homme pour l’homme. Signe des temps, les éco-fictions sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses et l’on ne peut que s’en réjouir. 
Cet été, Le Kaba vous invite à lire ou relire 5 romans écologiques qui vous embarqueront à travers 80 ans de littérature engagée.

 

Ravage de René Barjavel (1943) : le pionnier de la collapsologie 

Extrait :
Ne sais-tu pas, ne vous l’ai-je pas appris à tous, que les hommes se perdirent justement parce qu’ils avaient voulu épargner leur peine ? Ils avaient fabriqué mille et mille et mille sortes de machines. Chacune d’elles remplaçait un de leurs gestes, un de leurs efforts. Ils ne savaient plus se servir de leurs mains. 


C’est à la toute fin de Ravage que le Patriarche, sauveur d’une petite communauté humaine ayant survécu à l’Apocalypse, profère cette réplique aux accents bibliques.
Bien avant l’invention du terme de collapsologie, Ravage décrit l’effondrement de la société devenue totalement tributaire de la technologie et de l’énergie. Nous sommes en 2052, les mégalopoles ont poussé comme des champignons. En toile de fond, le début d’une guerre entre deux empires. Un jour, l'électricité disparaît et toutes les machines s’arrêtent. Les humains, eux, sombrent dans le chaos.

Ravage est le premier roman de science-fiction publié par René Barjavel en 1943 mais contient déjà l’essentiel des thèmes qui jalonneront son œuvre : l’autodestruction humaine, l’absurdité du progrès technologique infini. Mais aussi la promesse d’une renaissance, cette attention aux minuscules beautés de la nature…et l’amour, toujours l’amour !

L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono (1953) : semer et régénérer

Extrait :
Tout était changé. L’air lui-même. Au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. 


Cette nouvelle de l’écrivain provençal et panthéiste ne remplit que quelques pages. Le récit est minimaliste mais sa portée est universelle : il suffit d’un seul être humain, dépouillé de tout égoïsme, pour changer le cours des choses. En l’occurrence, l’histoire est celle d’Elzéard Bouffier, simple berger, qui planta des glands de chênes durant plus de 30 ans sur les collines arides de Haute-Provence, faisant renaître ainsi la forêt et la vie autour de lui. 

Ce récit de fiction possède la simplicité et la puissance des fables. Écrit en 1953, avant même les premières préoccupations liées au réchauffement climatique, il est considéré aujourd’hui comme un manifeste écologique. 

Ecotopia dErnest Callenback (1975) : l’utopie rétrofuturiste

Extrait :
L’Ecotopien désireux de se rendre à plus de deux rues de son point de départ prend un de ces solides vélos peints en blancs qu’on trouve par centaine un peu partout et qui sont gratuits pour tous. Dispersés par les déplacements des citadins durant la journée et la soirée, ils sont rapportés dans des équipes de nuit dans les zones où ils seront à nouveau disponibles le lendemain matin. 


Bienvenue dans un lieu où la voiture est bannie, les bus électriques gratuits et les vélos en libre-service : Grenoble ? Perdu, vous êtes à Ecotopia, imaginé en 1975 par l’écrivain américain Ernest Callenback, partisan de la sobriété volontaire. 
Trois grands États de l’ouest américain ont fait sécession et vivent depuis 20 ans coupés du reste du monde. Leur idéal : construire une société affranchie de la consommation de masse, respectueuse de la planète et de ses habitants. Pour la première fois, un journaliste américain est autorisé à visiter Ecotopia et à restituer ses impressions à ses lecteurs.

Trois ans après la publication du rapport Meadows sur les limites de la croissance, Ecotopia aborde toutes les grands thèmes qui occupent toujours nos débats actuels : épuisement des ressources, écoféminisme, diminution du temps de travail, démocratie participative…50 ans après sa publication, le lecteur ressort troublé par l’acuité visionnaire de ce roman aux allures de programme politique, certes un peu amer face à tout ce temps perdu, mais revigoré par l’idée qu’un autre monde est (vraiment) possible. 
 

L’Arbre-monde de Richard Powers (2018) : écoutons la forêt  

Extrait :
C’est ça le problème avec les humains, à la racine de tout. La vie court à leurs côtés, inaperçue. Juste ici, juste à côté. Créant l’humus. Recyclant l’eau. Échangeant des nutriments. Façonnant le climat. Construisant l’atmosphère. Nourrissant, guérissant, abritant plus d’espèces vivantes que les humains ne sauraient en compter.


Si vous avez lu la Vie secrète des arbres de l’ingénieur forestier allemand Peter Wohlleben, vous adorerez L’Arbre-monde. Sinon, c’est une raison supplémentaire de vous en saisir. Vous serez à votre tour initié à la communication entre les arbres et à ce qu’ils ont à nous dire. 
Ce roman choral, foisonnant et dense comme un chêne centenaire, retrace le parcours de neuf personnages dont les arbres ont changé le destin. Du fait d’une prise de conscience soudaine, de leur héritage familial, d’un accident de la vie, voire d’une épiphanie, leur existence bascule. Leurs parcours sont liés, s’enchevêtrent, se nourrissent comment les racines des géants que d’autres hommes inconséquents abattent. 

Science, conscience, mysticisme, mais aussi réflexion sur les communs ou le statut juridique des arbres : il fallait un roman aussi vaste qu’un monde pour embrasser des sujets si ambitieux tout en constituant une remarquable œuvre littéraire. 

Climax de Thomas B. Reverdy (2021) : le crépuscule de l’humanité

Extrait :
Est-ce que vous auriez pu empêcher ça ? […] Les glaces qui s’amenuisent, même les couches anciennes, le glacier qui fond, qui disparaît, le problème est là sur la table depuis des décennies. On ne vous aurait pas cru. Ou pire, on vous aurait cru. On vous aurait dit : Et alors ?


Ces phrases résonneront intensément aux oreilles de tous ceux qui ont l’impression de prêcher dans le vide. Climax nous invite à suivre quatre personnages, adeptes de jeux de rôles durant leur adolescence, que le destin réunit à nouveau dans leur village d’origine, à l’extrême nord de la Norvège. Et si l’heure de la dernière partie était venue ? 
Publié en 2021, Climax nous conte, sur fond d’incident de plateformes pétrolières, l’avènement du crépuscule des dieux, ou plutôt celui de l’humanité. Le roman entremêle avec brio mythologie nordique, fiction, études scientifiques et enquêtes historiques. Car pour l’auteur Thomas B. Reverdy : « La fin du monde après tout, c’est aussi un temps de légendes et c’est déjà ça. »
 

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