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“Le métier de maître-composteur est à la portée de tout le monde.”

Claire Pian
Claire Pian
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Rencontres
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Derrière la mystérieuse appellation de “maître-composteur” se cache un vrai métier, en plein développement. Rencontre avec Sébastien Dorion, l’un de ces discrets “chevaliers des biodéchets” et du compostage.

Au sein de la Communauté de communes Plaines et Monts de France (CCPMF), Sébastien Dorion est l’un de ces “référents techniques et animateurs de la prévention et de la gestion des biodéchets”, comme le définit l’ADEME. Il intervient auprès de 8000 foyers, en tant que maître-composteur, pour accompagner et encourager les particuliers et les collectivités à se convertir au compostage.

Sébastien Dorion

© Sébastien Dorion

Le Kaba : D'abord, comment êtes-vous devenu maître-composteur ?

Sébastien Dorion : A l’origine, je m’occupais simplement de la collecte des déchets dans ma commune, par engagement écologique. Et courant 2010, l’Agence de la transition écologique (ADEME) a souhaité développer un travail de sensibilisation et de prévention autour des déchets. Or l’une des grandes actions pour gérer les déchets, c’est le compostage. Parce qu’incinérer les déchets composés d’eau, c’est un non-sens absolu. Il y a alors eu une grande vague de formations dans les collectivités pour désigner des référents compostage. C’est comme ça que je suis devenu maître-composteur.

Le compostage était-il déjà acquis pour vous avant de prendre ce poste, ou vous avez dû être formé ?

J’habite à la campagne alors on composte depuis des générations. Mais j’ai quand même reçu une formation, pour l’aspect plus pédagogique notamment. J’ai fait quatre jours de formation en Belgique, avec autant de théorie que de pratique. On nous explique d’abord comment le compostage fonctionne chimiquement, ensuite on mélange les déchets entre eux, et on voit ce que ça donne. Qui fait quoi, comment ça se décompose … C’est un vrai monde vivant.

composteur

Pixel2013 de Pixabay

À quoi ressemble la journée type d’un maître-composteur ?

Il n’y a pas vraiment de journée type. Un jour, on peut être en train de faire la promotion du compostage en distribuant des composteurs aux habitants, en les formant à la pratique. Un autre, on peut aller s’occuper du bon déroulement des composteurs collectifs. Dans les écoles par exemple, il faut y mettre les déchets organiques après les repas.

Pourquoi est-il si important de faire la promotion du compostage ?

Aujourd’hui, un habitant produit en moyenne 250 kilos de déchets par an. Environ 40 à 60% de notre poubelle est composée de biodéchets. En compostant ses déchets organiques, on peut alors réduire ce poids global de près de 100 kilos. Et puis d’un point de vue militant, c’est un rejet de l’économie linéaire « Je produis, je consomme, je jette » au profit d’une économie dite circulaire « Je produis, je consomme, je réutilise ». On utilise la terre pour se nourrir, la moindre des choses c’est de lui ramener nos restes pour la nourrir à son tour.

Quel type de composteur mettez-vous à disposition des habitants de votre commune ?

Ce sont des bacs en plastique recyclé de 400 litres. Ce sont de petits composteurs qui servent à démarrer quand on n’a jamais fait de compost. On les donne gratuitement, mais avec une formation obligatoire. Cela peut aussi fonctionner en ville, à condition que la résidence ou l’immeuble ait un peu d’espace vert à mettre à disposition.

composteur

© Claire Pian

Est-ce qu’aujourd’hui, à condition de formation, n’importe qui peut prétendre à devenir maître-composteur ?

Bien-sûr, le métier de maître-composteur est à la portée de tout le monde. Il n’y a rien de compliqué, il faut juste de la motivation et de l’envie.

Cette activité est-elle rémunérée ?

Dans mon cas, je suis payée pour le faire. Je suis le seul maître-composteur pour 25 000 habitants. Mais certains font ça bénévolement.

Avez-vous l’impression que depuis vos débuts, la tendance du compostage a pris de l’ampleur ?

Absolument. En 6 ans dans ma communauté de commune, on a distribué 1200 composteurs. Pour l’année 2021 seulement, on a réussi à en donner 400. Ça a explosé.

Comment l’expliquez-vous ?

Le compostage ne concerne plus désormais que les écolos convaincus. Dans ma commune, on a réussi à faire comprendre aux habitants que les déchets avaient un coût. Une tonne d’ordures ménagères qu’on incinère, ça coûte environ 300 euros qui se répercutent sur leurs impôts. Comme le compostage permet de réduire le nombre de déchets, ils économisent. Donc, ça les intéresse.

Avez-vous l’impression que les profils de maîtres-composteurs évoluent ?

Il y a aujourd’hui beaucoup de maîtres-composteurs qui n’ont pas de lien avec le monde du déchet et qui ont envie de changer de travail. Et maintenant, pas mal de jeunes commencent à s’y intéresser.

Plus d’informations sur le compostage
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